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dimanche 30 mars 2014

Jour 2 à Forge de Caractère (03 décembre 2013)


Après une bonne nuit de sommeil, et un petit déjeuner de compétition (café - clope - marche dans les ruelles - pipi d'UMA), il est temps de se mettre à l'action.
On se présente mutuellement nos outils ( "...et là le petit dernier, oui, têtu contrairement aux autres... "), on tâte nos cuirs, se questionne. Bref on parle "boutique" quoi ! 
Manqué plus que quelques gâteaux, un peu de thé et 3 Tupperwares (ou 3 culottes) et je me sentais en pleine réunion de nanas.

LOL ? MDR ? ... Ben ouais, mais ce détail a son importance. 

Parce que mal à l'aise, j'étais ! C'est là que j'ai découvert que Vinh a le don de vous faire vous sentir important et intéressant.
Depuis des blagues circulent dans les milieux autorisés... ( - Qui est le comble de la Misanthropie ?... Vinh ? Bravo ! T'as gagné le droit de faire la vaisselle.)



On commence doucement par une petite démonstration de la pince sellier et les gestes nécessaires à la couture manuelle. Comment tenir ses aiguilles et son alène. La bonne vieille théorie du "Tout dans les mains - Tu lâches rien" a encore frappé ! SAUF que j'ai omis de lui transmettre les bases "scolaires"... J'y suis allé comme d'hab : sans marquage des points à la roulette, à l’œil quoi.


Je passe la main et attends anxieuse les commentaires et impressions...
1er trou ...
Passage du fil et égalisation des longueurs
2ème trou ...
Passage des aiguilles (avec croisement "croix de St-André")
Serrage du 1er point ... CRAC ==} Pétage de fil - Gros bourrinos habitué à de la grosse section a tiré comme s'il devait coudre du cuir de rhinocéros avec de la corde !



Un gros fou rire et une remise en place plus tard, Vinh persévère. Apparemment ça lui plait. Il décide donc de passer à son cuir 4mm et ses aiguilles et fils de gros calibre.
C'est par ce "loupé" que j'ai découvert une deuxième chose : Vinh n'a pas le même visage lorsqu'il sourit ou qu'il est sérieux. C'est flagrant.
Le midi, nous avons pu observer aux jumelles des renards chassant les mulots sur les collines d'en face et un chevreuil. Après mangé on a fait une petite promenade digestive, qui nous a offert un spectacle magique. Nous avons pu observer à quelques mètres seulement les renards du midi. Trop près, nous les avons finalement fait fuir, mais cette rencontre inattendue de l'Homme et l'animal restera un souvenir réjouissant.


L'après-midi, nous nous sommes "en-mardiché" pour aller en ville et faire quelques courses (Bœuf, cire d'abeille et TABAC). Vinh m'a montré comment débité la viande et je me suis armée de son appareil photo. J'ai pu constater à quel point le mien était en fin de vie.


Toutes les photos de moi ont été prises à mon insu. Vinh ayant vite compris que je n'aimais pas être prise en photo, j'ai d'ailleurs découvert la suivante sur son blog. Y'a deux raisons à ça : 1) Je suis pas photogénique. 2) Je me vois toujours plusieurs mois en arrière quand je faisais 80 Kgs.


Et j'ai contribué à la création de "ma" première terrine. Les gens qui l'ont gouté ont tous été unanime... Sainte-Terrine est notre idole !
En parallèle, j'avoue avoir été perturbé par ce gars qui au moindre geste sort son appareil photo et mitraille. Puis en fin de journée, c'est devenu normal. Son Nikon s'est mué en métronome de nos heures passées.


En soirée, j'ai commencé les nouveaux chaussons en cuir de Vinh, c'était une des choses qui lui tenait à cœur. Surtout que l'intérieur soit en peau de laine de mouton (vous verrez après à quel point c'était une "bonne" idée !)



Rien de tel que le scotch à peinture pour les empreintes de patron complexe !


Cette journée à été pour moi très reposante, je n'ai eu qu'a penser cuir, vivre cuir, respirer cuir. J'aimerai que se soit tous les jours comme ça.

Toutes les photos sont de Vinh.
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La 2 ème journée vu par Vinh :

3kg sous terre: Stage de cuir: Cette semaine, Lisette de l'Atelier Faërie Cuir du Vercors, est ici pour m'apprendre quelques nouvelles techniques de cuir, parall...

samedi 29 mars 2014

Arrivée à Forge de Caractère... Jour 1 (02 décembre 2013)

Départ pour la Lozère - Objectif : Faire un échange de savoir.
Vinh me fait découvrir la forge "Vietnamienne", et me propose quelques outils à cuir forgé par ses soins, et de mon côté, je lui montre certaines techniques et astuces de sellerie/maroquinerie.

Après 6 heures de route, j'arrive en Lozère, où je suis attendue par Vinh de Forge de Caractère . La voiture est pleine à craquer, mais le soleil est là.

Tout d'abord je suis conquise par l'environnement, l'emplacement et le caractère (justement) de la Forge.

 A droite, sous le pilier, l'entrée de la Forge.

Vinh et Kro viennent m’accueillir, suivi de Yama, Patoune et Uma... les seules femelles (à poils) présentes ! Puis ils prennent en charge mes affaires pendant que je fais connaissances avec les bêtes à poils (merci les hommes !!!).
On échange quelques mots, on se présente et on me fait visiter la Forge. Et là surprise !

 L'atelier est beaucoup plus petit que sur les photos. L'espace est néanmoins très convivial et on sent que mes hôtes n'épargnent pas leurs sueurs à leurs créations (au sens figuré bien sûr !). J'apprends aussi que cet endroit est aussi l'atelier de Kro de Forge Sauvage.
Je m’imprègne de l'ambiance, écoute la conversation, reste coite. J'attends de me sentir à l'aise avant d'oser être là.

Le temps passe très vite et mon premier repas sera de la rouelle de porc façon créole. Les fans de Forge de caractère connaissent bien les talents culinaire de Vinh.

Kro en mode "pâté".

Vinh me montre les créations du jour : Arceau pour un banc étau Vietnamien.



Dans le courant de l'après-midi, deux personnes viennent faire aiguiser des outils à cuir, et réparer un sécateur. En échange, elles ont apportés de la pâte de coing (exquise) et leur jovialité.


Puis j'ai assisté à la forge de ce que Vinh appelle un OTNI, une fois fini, cela servira à parer le cuir. J'observe à la fois fascinée et admirative l'objet prendre forme. Le son du marteau, le rythme des coups, les couleurs éclatantes et changeantes au fil de la transformation de la matière.
L'objet prend vie. D'une matière inerte, chauffée au foyer de la forge, modelée au marteau, résonnante des cris de sa naissance, l'OTNI se révèle.


Les heures ont passées sans que je m'en aperçoive, il est déjà temps de quitter l'atelier et d'investir l'espace qu'on m'a alloué pour une semaine. Ce soir là, je mangerai peu, anxieuse du talent, du "pouvoir" de mon hôte, Maître du feu et du métal. Avec une question en tête... "que puis-je vraiment échangé contre "ça" ?"

Toutes les photos sont de Vinh.

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La journée du 02 décembre vu par Vinh sur son blog :

3kg sous terre: Banc étau, OTNI et couteau de camp: Aujourd'hui, ça mijote sur le feu et dans la cocotte à riz ! C'est une rouelle de porc façon créole :) Kro et m...

vendredi 21 mars 2014

Les différentes qualités et spécificités du cuir

On dit du cuir, qu'il est une matière noble, "vivante", car c'est un matériau qui évolue , qui se patine dans le temps, en somme qui vieilli, dans le bon sens du terme. Comme le bois.
Le cuir est la dépouille (la peau) d'un animal sur laquelle on effectue divers traitements (naturel ou chimique) pour la rendre imputrescible.



Un cuir de qualité est un ensemble de facteurs à prendre en compte.



Le premier, est la qualité de vie de l'animal. Une vache, un mouton ou un veau qui ont reçu l'attention nécessaire, (tant alimentaire que sanitaire) auront les qualités requises pour devenir un cuir de qualité. Car la vie de l’animal "s’inscrit" dans sa peau (blessures, cicatrices, parasites, certaines maladies, piqûres d'insectes, mauvais traitements, etc...).


Le deuxième, sont les finitions après tannage.
Ce sont elles qui parfont l'aspect esthétique du cuir et qui en assurent la protection.


Pliures naturelles sur collet.

Les parties d'une peau



- Le Collet : partie épaisse, mais ridée (plis du cou).
- Le Croupon : La plus belle partie.
- Les Flans : parties ayant le plus d'élasticité (prétant).




Avant de conclure ce chapitre, il est important de souligner qu'au premier abord un cuir "parfait" est celui qui vous plait. De part son aspect, son toucher, son odeur, sa couleur...
Néanmoins, faisons un petit rappel avant que vous ne preniez votre décision.


Un cuir tanné chimiquement à qui ont applique des finitions de surface ne nécessite aucun entretien en particulier. Il ne se patinera pas avec le temps mais s'élimera. On peut reconnaitre un cuir au chrome en regardant sa tranche. Vous y descellerai un liseret de couleur plus clair, à condition que celui-ci n'est pas été refendu dans son épaisseur ou teint à coeur.


Un cuir tanné végétal (et donc sans finition), lui se patinera dans le temps, et aura besoin que vous preniez soin de lui pour qu'il "vive". Le cuir est l'ombre de l'âme de l'animal défunt et dont on a utilisé sa peau (son identité ?) pour en faire un bel objet.
Peu sujet à l'élongation, vous aurez besoin une fois par an de le nettoyer si besoin (au savon glycériné) et envisager de le nourrir à l'huile de pied de bœuf ou à l'encaustique maison. Attention toutefois, le graissage, s'il n'est pas fait à bon escient peut altérer la peau et la détériorer de façon irrémédiable (cela supprimera le fameux côté "imputrescible"/"momifié" du cuir, et celui-ci redeviendra une simple peau morte sujette au pourrissement). Il est donc conseillé de prendre l'avis d'un professionnel.
Le cuir végétal est souvent de couleur "naturel", comprenant plusieurs nuances claires et foncées. On peu aussi, en de rares occasions le trouver déjà teint à cœur (rouge, noir, violet ...) mais il est très difficile, même pour un professionnel de savoir si ce n'est pas un effet du tannage combiné "végétal/chrome".


Pour cette raison, je ne choisi que des cuirs de couleur naturelle que je teints à la main. Suivants les végétaux utilisés, le temps de trempe et la densité de la peau, des différences de nuances peuvent apparaitre sur un même objet. C'est tout à fait normal et ne constitue par un défaut.


Conclusion


En résumé, l'artisan se doit de choisir des peaux d'animaux élevés avec respect pour éviter les traces sur le cuir. Et choisir un mode de tannage plus respectueux du personnel des tanneries et des propriétés non allergènes.


jeudi 20 mars 2014

Le tannage en détail.

Nous ne parlerons pas ici de la qualité ni des propriétés des différents cuirs, mais bien des diverses façons courantes de tanner le cuir.
La qualité fera l'objet d'un prochain article.

 
De la peau au cuir
 

La peau est constituée de 3 couches :
  • L'épiderme, qui est en contact avec l'extérieur et qui subit les agressions. 
  • La couche Hyaline.
  • Le derme, qui est la couche de cellules vivantes, organisées en un tissu très serré. C'est le lieu de naissance des poils et où sont présentes les terminaisons nerveuses.
  • L'hypoderme, c'est une couche de cellules graisseuses, c'est un tissu lâche, et qui est directement en contact avec les muscles.
    Le tannage n'est lui-même qu'une étape du processus. Il y a un avant et un après.

Découpe transversale de la peau



Salage et dessalage

Les peaux fraîches vont être salées afin d’être conservées. Le salage a pour but d’éliminer l’eau des tissus et ainsi de ralentir le développement des micro-organismes présents et leur action de putréfaction. Lors du salage, les peaux peuvent perdre jusqu'à 10 % de leur poids en eau.

Au bout de quinze jours, les peaux sont dessalées, examinées une à une et triées en fonction de leur épaisseur, du nombre de défauts de la dépouille, de la présence de cicatrices ou encore en fonction de leur poids et de leur surface.

« Travail de rivière »
  • La trempe (ou reverdissage) : la peau est réhydratée pour retirer les impuretés et les souillures (sel et sang).
  • L'ébourrage (ou épilage) : bain de chaux ou de sulfure permettant la désagrégation de l'épiderme et la chute des poils.
  • L’écharnage : on retire la chair et les graisses. 
  • Le pelanage : prépare la peau à réagir au tannage (bain chimique appelé pelain).
  • Le déchaulage : élimine les produits alcalins combinés au collagène (sulfure, chlorure ou bisulfite d'ammonium).
 Il y d'autres processus dans le travail de rivière, et sont identiques, qu'il s'agisse de tannage végétal ou minéral. Seul le picklage n'est pas pratiqué sur une peau destinée à être tannée végétal. Tous les processus du travail de rivière nécessitent des produits chimiques et/ou toxiques (sauf l'écharnage).


                                                                           Écharnage.
Le Tannage.


1 • Végétal
2 • Végétal-Chrome
3 • Minéral
4 • Chimique

 1 • Végétal :
On utilise des extraits de tanins végétaux en poudre ou liquide, tel le chêne, bouleau, mimosa, etc... Le tannage végétal donne un cuir plein.
On emploie les tanins pour transformer une peau dessalée en cuir, car ils transforment les protéines contenues dans le cuir résistantes à la décomposition organique. Le tannage végétal était traditionnellement effectué dans des fosses : les peaux suspendues dans une série de fosses ou de cuves remplies d'une solution tannante qui devient de plus en plus forte jour après jour. Ce processus était lent et pouvait prendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois, avant que les peaux soient entièrement tannées.

De nos jours, le tannage végétal est beaucoup plus rapide. Il est effectué en foulon (environ 48 heures), à l'aide d'extraits végétaux et de tanins auxiliaires. Ce mode de tannage n'est pas exempt de pollution, ni d'utilisation de produits chimiques. Bien évidemment, un tannage rapide, bien que "végétal", a l'avantage d'être rentable mais aussi est indispensable car les modes d'élevage intensifs produisent des peaux de moins bonnes qualités qu'autrefois. Les tanins utilisés proviennent de 2 familles distinctes : Hydrolysable ou Condensé. Les condensés en tendance à rougir lors de l'exposition à la lumière, pour contrer cela on utilise du bisulfite de sodium, de l'acide formique ou du dithionate de sodium.

 Cuves de tannage

2 • Végétal-minéral (mixte) : 

Certains cuirs peuvent être tannés végétal-minéral (finitions aux sels d'aluminium ou tanins synthétiques) ou minéral-végétal (tannage synthétique, puis végétal). Le premier procédé est toujours prédominant, alors que le second corrige les propriétés du cuir fini. Le tannage minéral/végétal permet que la peau soit tannée à cœur très rapidement, le tannage végétal permettra d'avoir un aspect naturel, ou teint.

3 • Minéral :

Le tannage minéral donne un cuir creux, mais résistant à la déchirure, la chaleur humide et la pollution.

Ce tannage est généralement effectué à l'aide de sulfate de chrome (Chrome III), un sel minéral qui pénètre très rapidement dans la peau, le processus de tannage est ainsi complété en vingt-quatre heures. On utilise également des auxiliaires que l'on nomme agents masquants, qui augmentent la pénétration des tanins, et réduisent le temps de tannage (oxalate, phtalate, acétate ou formiate). Le cuir est alors d'un bleu canard léger/pale. Un processus de foulonnage permet l'ajout de teintures, de fongicides chimiques, d'un agent de retannage, de liqueurs grasses qui donnent au produit fini une souplesse au toucher, et si nécessaire des produits ignifugeants.
Des études ont démontrées que le Chrome III pouvait se transformer en Chrome VI, une fois le cuir fini. Celui-ci est cancérigène.

 Foulon de tannage industriel.

4 • Chimique ou synthétique :

Les agents tannants qui sont produits par synthèse, c´est-à-dire qui n´existent pas à l´état naturel dans l´environnement, appartiennent à cette catégorie. Le formaldéhyde, le glutaraldéhyde, polyphénols, polyphosphate, les dérivés d´aldéhydes et les acrylates, ainsi que les sels de zirconium, d'aluminium et de phosphonium ont une action tannante. 

Le Corroyage :

On y est presque, il reste encore quelques étapes.

Les opérations de corroyage donnent les propriétés choisies au cuir. Indispensable à la pénétration des composés et au maintien de la souplesse.
On essore, on trie, on refend, on déraye (ces deux derniers termes signifient désépaissir), on neutralise, on re-tanne, le cas échéant.

Les finitions :

Ces étapes parfont l'aspect esthétique du cuir et en assurent la protection.
  • La teinture : Mise en couleur. On procède à une décoloration avant teinture (chrome et végétal), à l’aide d’acide oxalique hautement toxique, ou d’eau oxygénée, ou de bisulfite de sodium. Puis on utilise une base incolore tirée de la distillation de goudron (aniline ou naphtalène) et qui sera ensuite colorée. Colorants acides (anionique) pour du cuir au chrome. Colorants basiques (cationique) pour du tannage végétal. La plupart des colorants utilisés sont hautement toxiques.
  • La nourriture : graissage de la peau pour donner ou augmenter la souplesse, la résistance. En foulon dans un bain. Mélange d’huiles et d’eau. Indispensable au cuir au chrome, car celui-ci risquerait de se transformer en matériau dur et cartonneux.
  • Étirage ou mise au vent : élimine les plis, atténue les rides.
  • Séchage : influe sur la qualité du cuir. Le séchage intervient à divers stade de la fabrication. Le séchage final étant le plus important pour la qualité.
  • Palissonage : assoupli après séchage. 

Machine à refendre.

Graissage.

Corroyage sur palisson.

Séchage.

dimanche 16 mars 2014

Bien penser sa commande, déterminer ses besoins...

Vous avez envie d'un objet en cuir ? Que se soit un objet utilitaire ou décoratif, il est important de bien déterminer vos envies et besoins. C'est eux qui vont déterminés la forme, le design final et le prix.
Alors, comment bien penser sa commande ?

1) Tout d'abord rêver, fantasmer, penser à l'objet qui vous fait envie.
2) Ensuite, en parler ensemble... pour contourner d’éventuels soucis techniques de fabrication (valable pour les réparations et rénovations).

 Orchidées 3D en cuir végétal, modelées et teintes à la main.

Tout d'abord, est-ce un objet utilitaire, dont vous allez vous servir tous les jours, ou un objet décoratif ?
Dans le cas d'un objet décoratif, les contraintes sont moindres. Il peut être pensé et réalisé de façon moins drastique, car celui-ci ne sera pas soumis à l'usage, aux tractions, aux frottements.

Lampe parchemin lacé avec ruban satin sur fils d'aluminium, décoration Art Nouveau.

Réfléchissez aux matériaux additionnels, comme le bois, le métal...

Les objets intermédiaires, comme les coffrets, les albums photos, les cadres photos, les pendules, etc.... Qui nécessiteront quelques manipulations, ont surtout besoin d'être pensés en fonction de leurs personnalisations et décors.

Coffret à bijoux en bois recouvert de cuir, coins cousus, dessus incrusté avec forme et camé.

Coffret bois recouvert cuir végétal, teint à la main. Impression photo Lady Gaga sur cuir.

A ce stade, divers choix s'opèrent déjà. Couleurs, finition des tranches, méthodes de décorations (cuir repoussé, cuir incrusté, impression photo sur cuir, impression dessin en couleur ou noir et blanc, impression en négatif, décoration 3D, cuir repoussé peint, etc...). Il y a déjà matière à réflexion.

 Porte-clefs cuir végétal, teint à la main. Impression noir et blanc colorisée, effet 3D.

Porte clef cuir végétal, dessin à main levée en vue d'une personnalisation pour un passionné de Coupe-chou.
Porte clefs cuir végétal en forme de chat, gagné lors d'un concours par Michel Michiels qui m'a envoyé cette magnifique photo.

Pour les objets utilitaires, tel que sacs, portefeuilles, ceintures, étuis à balles, chaussons pour bébé, etc... on ajoute d'autres spécifications aux cahiers des charges.

Sac cuir végétal repoussé "loup" teint, peint et cousu main. Fermoir vintage en laiton.

Pour les étuis et sacs permettant le transport d'autres objets, pensez d'abord à ce que vous voudriez y mettre (téléphone, agenda, pilule, porte-monnaie, portefeuille, clefs... ), cela déterminera les mesures.
Dans le cas d'un sac pensez aussi à la longueur de la bride d'épaule et si elle doit être ajustable ou non. Au nombres de poches intérieures le cas échéant.

Sac "Loups" - Détail : motif repoussé en relief, puis peint à la main.

La fermeture choisie à aussi une grande importance. Fermeture éclair, top aimanté, fermoir, boucle, boutons pression... Tous ne se manipulent pas de la même façon et certains peuvent s'utiliser à une ou deux mains.

Étui couteau cuir végétal repoussé, teint et cousu main. Passant de ceinture au dos. Fermeture par boutons pression.

Pour les petits étuis, il est souvent pratique d'avoir un passant de ceinture, ou une accroche de cou.
Il faut aussi déterminer le mode d'assemblage (rivet, couture, laçage, etc...). L'assemblage choisi a un impact sur le prix final. Les coutures et laçages peuvent se faire dans diverses matières (lin, cuir, synthétique...).

Sac 1900 en cuir végétal, impression en négatif ET positif couleur. Fermeture par boucles. Cousu main avec fil de lin et fil synthétique plat.

Sac 1900 - Bride d'épaule non ajustable en longueur, cousue main et tenue par rivet aux dès de sellerie laiton.

Pour les vêtements en cuir (chaussons, dos-nus, corsets, etc...) il est très important d'apporter une attention particulière aux mesures en plus des choix vu ci-dessus.

Chaussons bébé cuir végétal, teint et cousu main. Élastique au cou de pied tenu par rivet. Impression noir et blanc colorisée, effet 3D.

Pour les réparations, rénovations et transformations, il suffit de suivre les même conseils que ci-dessus.

Siège de tracteur refait entièrement à neuf. Cuir de vachette grainé. Cousu main avec passepoil.

Rajout d'une têtière sur un bridon.

En suivant ces quelques conseils, il vous sera déjà plus facile d'appréhender tous les paramètres à prendre en compte. Ne laissez pas votre imagination se limiter pour autant. Il existe toujours des solutions !!!!

samedi 15 mars 2014

Les fils utilisés pour les coutures sellier.

Pourquoi faire un article sur les fils de couture usité en couture sellier (ou couture à la main) ? Tout simplement parce que suivant le fil utilisé, les coutures n'auront pas la même tenue, et le travaille d'assemblage pourra avoir plus ou moins de facilité à être réalisé.

Tout d'abord, il faut bien distinguer couture sellier et points sellier. La couture sellier est la couture faite à la main (pince + alènes + aiguilles), le point sellier est une façon de coudre à la main parmi d'autres. Nous verrons lesquels dans un prochain article.

Le fil de lin :

Les numéros sur les bobines de lin correspondent à leurs caractéristiques techniques. Le 1er chiffre (1 à 7) est le nombre de mètre par kilo (1 = 1000m/Kgs, 2 = 2000m/kgs, etc...), le 2ème chiffre donne le nombre de fil retors qui sont utilisés, et le 3ème chiffre le nombre de bouts par fil retors. Ainsi un fil 432 se lira : 4000m/Kgs, 3 fils retors, 2 bouts par fils retors.

Les fils de lin se trouvent dans des couleurs et grosseurs différentes. Ils sont reconnaissables par le numéro estampillé sur les bobines. Ainsi, on trouve du 132 jusqu'au 732. Le 132 étant le plus gros et le 732 le plus fin.
Le lin a une bonne tenue et une bonne solidité. Ciré préalablement il permet de réaliser de très bonne couture. Il faut pour cela choisir les aiguilles et l'alène adaptées (comprendre à la bonne taille), et le passage du fil dans les trous se fait sans problème.

Le fil de chanvre : 


Je n'ai jamais utilisé le fil de chanvre, mais compte le faire bientôt. Peu de renseignements disponibles donc. En revanche, j'ai eu un retour d'un ami. Il semblerai que même ciré, celui-ci accroche lors de la couture. J'ai conseillé à cet ami de le trempé dans de l'encaustique maison à la place de la cire d'abeille. Cela a facilité le passage du fil à la couture. J'en conclu que ce fil doit être plutôt rêche, assez cassant. A réserver donc pour les petits travaux qui ne seront pas soumis à de fortes tractions.

Le fil synthétique plat :


J'ai découvert il y a peu ce fil synthétique plat. Il a des avantages et des inconvénients. Farouchement contre la couture à la main avec du fil synthétique (nous verrons pourquoi en fin d'article), j'ai néanmoins été conquise par celui-ci ... sous réserve.
Il a l'avantage de ne pas avoir besoin d'être ciré, est extrêmement solide, se place sans effort pour le point sellier avec des aiguilles et une alène de grosse section.
Mais il a un désavantage de taille : on ne peut terminer sa couture normalement par 3 points en arrière, celui-ci étant trop glissant, la couture ne tient pas. Il est aussi réfractaire à l'exécution d'un nœud, celui-ci se défait naturellement. Il faut donc rivaliser d'ingéniosité pour l'utiliser.

Fils synthétique polyamide dit Nylon :


Normalement réservé à la couture machine, pour les même raison évoquée au-dessus.

Savoir d'Antan : 

L'artisan "fabriquait" lui-même son fil. Il torsadait ensemble plusieurs brins, suivant la pièce à coudre, choisissant ainsi la grosseur et la solidité nécessaire. Le fil était poissé (couture noire) ou ciré (couture blanche). La poix créait une soudure naturelle et très résistante, les coutures réalisées avec cette méthode ne faiblissaient jamais.

On en trouve des références sur l'excellent blog d'un cordonnier (Tic Tac), sur cet article
On en trouve aussi une description sur "Le manuel complet du bourrelier Sellier"de 1833 : 
"[...] quand l'ouvrier a rassemblé tous ces brins en peloton sur sa main, il les passe en double vers la moitié dans un crochet scellé dans la muraille; puis, s'éloignant jusqu'à ce qu'il soit arrivé aux deux bouts, qu'il prend ensemble entre le pouce et l'index droit, il en tourne trois tours autour du pouce gauche; il appuie ensuite la main gauche par dessus le bras droit, un peu au-dessus du coude, et comme s'il voulait s'y appuyer : en même temps, avec la main droite demeurée libre, il porte le fil sur le bas de la cuisse, vers le genou, en appuyant la paume de la main sur le fil, alors il le tord en poussant la main en avant, et continuant cette manœuvre sans quitter sa place, le fil va se tordant jusqu'au crochet.
Quand l'ouvrier le juge suffisamment cordé, il va prendre l'autre moitié du fil qui est restée suspendue au crochet, et le travaille comme la première moitié [...]."


Je reviens sur le fait que, pour moi, le fil le plus adapté est le fil de lin. De par mon expérience, mais aussi grâce aux savoirs des plus anciens, il est préférable d'avoir une couture qui lâche, plutôt qu'un cuir qui se déchire. Le fil synthétique a tendance a cisailler le cuir à l'usage. Je préfère de loin refaire une couture gratuitement en service après-vente, que de redemander au client de payer pour un nouvel objet.